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A Besançon, le Rassemblement National peine à s’implanter

Publié le 18 mars à 21h07 par Cyril Haulet

Dans cette ville dirigée par la Gauche depuis près de 70 ans, la liste d’union EELV-PS-PCF menée par Anne Vignot est arrivée en tête au premier tour des élections municipales avec un score de 31,2 % des voix. Qualifiés pour le second tour, les candidats LR et LREM ont obtenu respectivement 23,6% et 18,8 % des suffrages.

Alors qu’il était crédité de 10% d’intentions de vote dans les sondages, le candidat du Rassemblement National n’a obtenu qu’un score de 7,2%.

Mais le chiffre à retenir reste celui de l’abstention. 62 % des Bisontins ont choisi ce dimanche 15 mars 2020 de ne pas s'exprimer pour cette élection municipale, les électeurs s’étant déjà projetés sur le confinement à venir face à la pandémie du coronavirus.

Un thème favorable pour le RN, la sécurité...

Avec cette crise sanitaire, la sécurité avait aussi fait irruption dans les débats il y a quelques semaines. Depuis 2019, une flambée de violence s’est emparée de Planoise.

Miné par le trafic de stupéfiants, ce quartier voit s’affronter des bandes rivales et le 8 mars dernier, une étape a été franchie avec l'exécution d'un homme de 23 ans, tué par balles.

Le Rassemblement National s’inscrivant dans une thématique sécuritaire, nous avions décidé au cœur de l’automne de suivre au plus près la campagne de sa tête de liste, Jacques Ricciardetti.

Maire depuis 2001 de Tressandans, un village d’une trentaine d’habitants, Jacques Ricciardetti avait alors choisi de se porter candidat à Besançon.

Bisontin depuis toujours, ce choix lui était apparu comme une évidence : "J'ai pensé que l'expérience que j'avais pu acquérir dans la gestion de ma petite commune pourrait être intéressante dans une grande commune comme Besançon", nous avait-il déclaré. Et d’ajouter : « notre programme se positionnera sur trois axes : la proximité, la sobriété et le bon sens.»

Des difficultés à rassembler...

Mais la liste "Changeons Besançon" du Rassemblement National a eu bien du mal à se constituer. Bien que s’appuyant sur la liste menée par Philippe Mougin six ans plus tôt, le Rassemblement National a souffert pour se présenter au suffrage bisontin.

En dehors de toute démarche partisane ou de soutien, nous avions choisi de suivre cette liste en immersion pour rendre compte de la difficulté d’un parti de s’implanter sur une terre de gauche avec une image négative au plan national.

Pourtant arrivé en tête aux deux derniers scrutins nationaux en Franche-Comté, le parti de Marine Le Pen ne parvient pas à convaincre ses sympathisants de le rejoindre et de s’afficher publiquement.

Ce phénomène a encore été plus criant cette année. Seulement trois listes étiquetées RN en lice pour le scrutin, l’une à Rans (Jura), la seconde à Fresse (Haute-Saône) et la troisième dans la capitale comtoise.

Un "couac" à la Préfecture...

Pour décourager les futurs candidats tentés de se présenter cachés sous un autre prénom ou son nom de jeune fille, les services de la Préfecture du Doubs ont dû se reprendre début mars pour corriger des erreurs de saisie.

Au nombre d’une petite dizaine, ces "erreurs" ont été abondamment relayées par des sites d'information et ont un temps fait craindre l’invalidation de la liste, nous avait confié l’un des colistiers : « la liste ne correspond pas au bulletin de vote et nous ne pourrons les réimprimer pour le 15 mars ! »

L’arrêté modificatif du 6 mars a permis les corrections mais le signal envoyé dissuadera encore bien des sympathisants à rejoindre une liste du Rassemblement National.

Un score décevant, une bataille perdue…

Avec un score bien inférieur à celui de la précédente élection municipale, le Rassemblement National a souffert de l’abstention de son électorat.

« Les personnes âgées qui votent pour nous sont restées chez eux. La pression du coronavirus était trop forte » analyse-t-on du côté de la liste.

Amer, Jacques Ricciardetti s'attendait à mieux face à un score qu’il juge décevant mais "c'est une bataille, ce n'est pas la guerre, il y aura un avenir" philosophe-t-il.

Pour le second tour dont le report est annoncé en juin 2020, il ne donne "aucune directive, les électeurs ne sont pas achetables" conclut le candidat.

Notre première immersion se termine à l’issue de ce premier tour. Des trois listes encore en lice, laquelle allons-nous accompagner pour le second tour et comment ? A suivre…

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